COLLECTICM J. TARIDE BIBLIOTHEQUE DES SALONS Ù ! MANUEL, -2 O OXE FRANÇAISE ET ANGLAISE MÉTHODE LEBOUCHER I*»lx s t fl'lllic, PARIS MARPON ET E. FLAMMARION A3 IjL ÉDITEURS 1m nLfK racine, près l’odéon J a(iM> MANUEL DE LA BOXE FRANÇAISE ET ANGLAISE. MANUEL DE LA BOXE FRANÇAISE ET ANGLAISE Méthode REBOUCHER Par DEVOST PROFESSEUR A PARIS, SUCCESSEUR DE REBOUCHER Contenant 16 Figures NOUVELLE EDIT I O S PARIS COLLECTION TAR1DK C. MARPON ET E. FLAMMARION ÉDITEURS RUE RACINE, PRÈS l'ûDÉON Tous droits réservé*. HISTORIQUE Si le mot boxe est d’origine moderne, l’exercice Iju’il représenle est aussi ancien que le monde, eans parler des luttes qu’il devait, dans le principe, i.outemr contre les éléments et les animaux, l’homme ?n avait journellement avec son semblable lûtes t’rribles. ou 1 existence des personnes était en eu, où la force brutale eut souvent le dessus, mais dut cependant céder dans maintes circonstances à l'adresse, à l'agilité et à la ruse. A cette époque où, selon l’expression de Hobbes, l'homme était un loup pour l’homme, —homo homini lupin; — il n'avait de secours à attendre de personne, il devait se protéger lui-même et, les armes offensives et défensives n’existant pas alors, il était forcé de se servir de l’arme la plus simple et la plus naturelle, la seule d'ailleurs_ qui fût toujours à sa disposition. Aussi, dès les temps les plus reculés, le voyons-nous se livrer à des exercices violents qui assouplissaient ses muscles, l'endurcissaient à la fatigue, et lui donnaient les moyens de soutenir avec avantage la lutte pour l’existence. Et il ne s’agit pas ici de l’homme spécialement; l’histoire nous apprend que dans les Sociétés anciennes le gymnase était ouvert à tous la femme y venait à ses heures, et on y envoyait l’enfant, comme on l’envoie aujourd'hui à l'école. C’est chez les Grecs qu’apparaissent pour la pre- ! mière fois les athlètes, classe spéciale de gens qui avaient uniquement en vue le développement de leur force physique. Partout où se manifeste cette tendance, elle est encouragée par l’État qui établi i des jeux publics consacrés aux exercices du corps La patrie, impuissante alors à protéger ses enfants i leur donnait une éducation gymnastique qui leui procurait une santé florissante, en faisait pour 1 a venir des guerriers robustes, et sur les bras des jpiels elle pouvait se reposer sans crainte, car en ce -temps où les batailles se livraient de près, pour ainsi dire corps- à corps, la force physique garantissait le succès. La gymnastique produit d’heureux résultats hygiéniques en développant le corps, en fortifiant la constitution, activant la circulation du sang et rendant plus rapides la respiration et la digestion; mais ce n’est pas tout elle a aussi une influence ^éminemment salutaire sur les facultés intellectuelles. C’est ce que les Grecs avaient compris de bonne heure leurs hommes célèbres, Platon entre autres, qui dut son nom à la largeur de ses épaules, y consacraient la plus grande partie de leur jourmée. Les Romains avaient fait de même; qui ne -connaît leur fameux axiome Mens sana in cor- pore sano. Et si nous passons aux temps modernes, nous trouvons la même idée exprimée dans Mon- taigne et dans J.-J. Rousseau. Le premier dit, en -effet, dans ses Essais Je veux que la bienséance extérieure et l’entro- gent et la disposition de la personne se façonnent quant au oorps et quant à l'àme. Ce n’est pas une âme, ce n'est pas un corps qu'on dresse; c’est, un let. Il rêvait donc jour et nuit aux moyens de persetionner cet art. Comme il était plongé au plus srofond de ses calculs théoriques, il entendit sarler de la boxe. L'Anglais, dans la boxe, — la boxe est la savate le l’Angleterre, — a perfectionné l’usage des bras :t des poings, tandis qu’il n’a considéré les jambes t les pieds que comme des ressorts destinés i rapprocher ou à éloigner le boxeur de son adversaire. k Tout au contraire, dans la savate, qui est lai eoxe de la France, le Parisien avait fait de la «ambe et du pied les agents principaux, ne considérant les mains que comme armes défensives. i II en résulte que l’Anglais perd toute la ressource qu'il peut tirer des pieds, tandis que le Tançais perdait toute l'aide] qu’il pouvait espérer des mains. 1 Q*al'les Lecour rêva cette grande entreprise cette splendide utopie, ce suprême perfection ment de fondre ensemble la boxe et la savate. Il partit pour l’Angleterre, et, S3ns leur c qui il était, il prit, comme un écolier ordinaj r des leçons de Swift et d’Adams, les deux premi boxeurs de Londres. Puis, lorsque l’écolier se sentit maître, il ret à Paris, et mit sa théorie en pratique. C’est de la combinaison par Charles Lecour la boxe anglaise et de la savate qu’est née la b française, dont nous donnons, dans les pages s vantes, la théorie complète et raisonnée, d'ap Leboucher, de Rouen, professeur de province vint s’établir à Paris peu après l’ouverture de salle de Lecour. BOXE FRANÇAISE De la Garda Il existe, dans la boxe française, deux gardes fune, Traie garde l'autre, fausse garde. On ne peut jamais se poser en vraie ou fausse garde qu' après avoir examiné la position décidée de «son adversaire. On dit vraie garde, quand les champions se trouvent placés vis-à-vis l’un de l’autre, tous deux «ayant la jambe droite ou la jambe gauche en avant. La fausse garde est ainsi nommée quand l'a des combattants a la jambe droite en avant, e i autre la jambe gauche. ( Voir les figures De la Marche Il existe dans la boxe française deux manières de marcher sur son adversaire, comme il en existe également deux pour rompre. La première se fait en changeant de garde en avant pour mar-ï cher sur l’homme, tandis que pour rompre, on change de garde en arrière. Pour changer de garde en avant, admettant quel l‘on soit garde à droite, on avancera la jambe! gauche en avant, en pivotant sur la jambe droite' pour se retrouver placé garde à gauche, i Pour rompre en arrière, la jambe de devant pas-, sera en arrière, reprendra la position du pied de devant, ce qui changera la garde. Dans la nouvelle méthode, le scond moyen d’avan-’ cer ou de rompre est plus favorablement usité. On fait remplacer la jambe de devant par h jambe de derrière, en maintenant la position directe \f *iu corps. Ce précepte est le contraire du principe dis armes. Pour rompre, la jambe do devant remplace là sambe de derrière, en observant la distance de deux ^semelles. A l'aide de cette méthode on peut, selon les cir- Konstances, développer ou restreindre la marche jpour arriver à portée de son adversaire. Motif pour lequel on dit vraie garde La jambe droite en avant, l’homme qui veut rester sur la défensive a beaucoup moins d’avantage à ! choisir la fausse garde. Étant placé en vraie garde, on a peu à redouter la jambe de derrière de son adversaire, attendu que le coup de pied bas lancé par ce dernier ne porterait presque toujours que sur la partie charnue, le mollet. Lorsque les champions se trouvent rapprochés 1 un de l’autre, au delà de la distance prescrite pour la garde, il arrive quelquefois que le coup dé pied pas frappe sur la malléole externe, partie sensible qui pourrait causer la mise liors de combat; tandis qu’étant en fausse garde, le même coup de pied bas pourrait briser le tibia au-dessus de la rotule. Porté soit à droite, soit à gauche, ce coup se nomme coup de pied bas. Fausse garde Placé en fausse garde, soit à droite, soit à gauche, les coups de pied redoutables sont portés par la jambe de derrière, attendu qu’ils arrivent à volonté dans toutes les parties vulnérables du corps. Le coup de pied bas portera sur la malléole in- t terne, le tibia. Ce coup est fort grave; il fracture souvent les os. Dirigé plus haut, il atteindra les parties viriles, l'abdomen ou la poitrine, limite ordinaire des tireurs cependant il se rencontre souvent des hommes aux jambes longues et déliées, des hommes j de grande taille qui arrivent facilement à frapper à la figure. Dans cette fausse garde, le coup de pied de la urabe de devant ne pourrait avoir d'effet dangereux tue s’il était porté dans les côtes. Nous avons signalé plus haut le danger de porter es coups en dehors. ( Voir la figure n 3.) Description et manière de porter tous les coups Il existe plusieurs manières de porter les coups de wing. La manière de porter les coups de poing en marchant est celle que l'on enseigne d’abord aux élèves, l'unique principe pour porter ces coups, est d’être n fausse garde Le bras gauche en avant, la saignée ployée, le »oing nerveusement contracté placé à hauleur de sœil, pour apercevoir son adversaire de haut en «as incliner légèrement à gauche, moyen qui facile la parade par un coup prompt et vigoureux à iattaque faite en dehors, le corps à demi effacé, le ras droit à hauteur de la poitrine, afin de parer evec vivacité le coup de pied de l'adversaire, dirigé eux parties viriles ou à la poitrine. Principe du coup de poing du bras droit Pour porter le coup de poing de la main droite, il faut retirer vivement le coude en arrière, tenir le poing à hauteur du teton droit, avancer la jambe droite à la distance de deux semelles, en pivotant sur la pointe du pied gauche, pour se trouver en garde à droite. Observer que les pointes des pieds doivent être toujours un peu tournées en dedans. En même temps que ce mouvement s’opère, il faut développer le bras droit avec promptitude et force, -pour frapper l'adversaire à la poitrine ou au visage. La détente du bras droit doit être secondée par 'les forces réunies de l'épaule, des reins, des jarrets, pour en rendre le choc plus terrible. Quoique la commotion infligée au corps soit vio- lente, il faut toujours conserver l'aplomb indispensable pour résister à la parade. Ce coup de poing donné en marchant se porte également en attaque et en riposte. Coup de poing porté du bras gauche Afin que les élèves soient bien pénétrés de nos 1 explications théoriques, nous répétons le principe pour frapper le coup de poing du bras gauche, quoique l’analyse soit la même que pour porterie coup de poing frappé du bras droit, étant en fausse garde à gauche. Étant placé en fausse garde à droite, le bras droit placé à hauteur de l'œil, le poing penché à droite.) de manière à voir son adversaire de haut en bas,; le liras gauche vis-à-vis le creux de l'estomac. Il faudra retirer le coude gauche en arrière, kj poing à hauteur et près du teton gauche, avancer b: jambe gauche de deux semelles, développer avec force le bras gauche pour porter soit à la poitrine,) (it au visage, un vigoureux coup à son adver- sire. e^e pas négliger l’observation exacte de- la disrîice qui vous sépare de lui. (Une fente mal calculée vous livrerait à la riposte ms avoir conservé l’aplomb voulu. OBSERVATION SUR LES COUPS DE POING PORTÉS EN MARCHANT H II est un principe immuable pour les coups de «oing sus-décrits. Il faut toujours écarter le bras de devant de l’adtrsaire avec le bras que l’on a en avant, afin que bras de derrière trouve jour à se développer sans i-istacle pour porter son coup de poing, i Dans le cas où l’on n’aurait pas eu cette prudence, adversaire pourrait vous arrêter dans votre marche, ,tn raidissant spontanément la saignée de son bras ;e devant. l.e coup serait d’autant plus terrible que l’on e serait présenté au-devant sans opposition de i*arade. Cette manière de se garantir se nomme V écart du ras de devant. Manière de parer le coup de poing de l’adversaire placé en fausse garde à gauche L’adversaire étant en fausse garde à gauche d frapper avec le bras droit, en cherchant toujours écarter avec le bras gauche le poing droit q menace la figure. Pour obtenir parade du coup de poing porté à figure par l’adversaire, il faut passer la jam droite en arrière, en observant la distance que 1’. avait avant de changer de garde, et, en mèt temps, lever brusquement le bras gauche su-de sus et sur le côté gauche de la tête, pour obter parade. On nomme cette parade prise en changent» ! de garde puisque l’on se trouve en garde à gaucb 1 de garde à droite que l’on était auparavant. 11 en serait de môme si l’adversaire, étant pla 1 en fausse garde à droite, portait son coup de poil jl du bras gauche, pour chercher ensuite à prend l'écart avec son bras droit. 11 faudrait, alors, pa.f r la jambe gauche en arrière et lever le bras droit frec vigueur, pour chasser le bras gauche qui veut |apper. (Voir la figure n° 4.) La parade changerait si le coup était dirigé à la bitrine. Il faudrait, dans ce cas, frapper vigoureusement ir l'avant-bras, alin d’assener le coup de haut en 6s, tandis que pour la parade du coup de poing di- |géâ la ligure, le bras qui pare frappe sous l’avanta as. Alin de rendre la commotion plus violente, il tut ployer sur les jarrets en môme temps que le rai pare; cette manière de s’écraser facilite toutes «ripostes en général. Elantère de passer la jambe en frappant un coup de poing; apres parade prise du coup de poing porté par l’adversaire en marchant Ladversaire, en marchant, portera de son bras Iroit le coup de poing à la figure; on prendra pa- Jde du bras gauche en retenant de côté le bras; s r” 2o rs on retirera le coude droit en arrière, pour oster avec force à la figure, in même temps, on passera rapidement la jambe ite derrière le jarret droit de l’adversaire. «.e coup de poing fait reculer l’homme en ar- Te, et la jambe qui s'oppose en arrière à la ine, le force à tomber. ( Voir la figure n° 5.) v’our ce coup, il faut réunir la force du bras qui ;ppe au visage à celle de la jambe qui fait basse, pour que ces deux mouvements bien combinés terminent la chute. *Jn exécute ce coup des deux jambes. La manière tviter de se faire passer la jambe est la même e pour parer le coup de poing en marchant il Bit de changer de garde. Manière d’esquiver le bras et de riposter sur place sans changer de garde t'n homme placé en fausse garde, à gauche, veutiecarter avec son bras gauche votre bras droit ur frapper avec son poing droit? 11 sul.it de «etirer le bras droit eu arrière avec vitesse, en «{me temps qu’on lève brusquement le bras gau- he au-dessus de la tête pour prendre parade. L’adversaire, qui a avancé la jambe droite prikiitivement placée en arrière, pour porter facilement le coup que vous avez paré, se trouve à disrance convenable pour recevoir votre riposte, au iihoix, à la poitrine ou au creux de l’estomac. Celte riposte du bras droit exige que le coup oit développé avec force, en avançant l’épaule, oour donner plus de puissance à la détente de la signée. L’esquive se fait également du bras gauche. Lorsque l’adversaire, placé en fausse garde à droite, porte le coup de poing du bras gauche, il taut retirer vivement le bras gauche en arrière un prenant parade du bras droit, et riposter vigoureusement d’un coup de poing du bras gauche. Ce Eoupest tiré de la boxe anglaise. ( Voir la fioure «° 0.) Maniire de riposter le coup de poing sur place :ionr frapper ce coup, la jambe de derrière ne Uge pas. llacé vraie garde à gauche, si l'adversaire, en -chant porte son coup de poing du bras droit ntrairement à notre principe, puisque nous délions les coups portés en dehors), la plus légère osition du liras gauche fera obtenir parade et tira à même de riposter du bras droit, lette riposte doublerait de puissance par l'allonge marchant, que ferait l'adversaire en se précipi- 1 au-devant du poing. i> l'adversaire frappait son coup de poing du «s gauche, étant en vraie garde à droite, il tirait parer du bras droit et riposter du iche. tes hommes exercés ne doivent jamais frapper en Hors; mais il arrive presque toujours que les mrnes inexpérimentés croient doubler la force du P en élevant le bras au-dessus de la tête, pour le laisser retomber lourdement comme un marteai sur une enclume, rendant ce mouvement maladrwt les parties supérieures se trouvant découvertes l'adversaire prolite de la faute pour assurer so avantage. Des temps d'arrêt pris avec le poing L’adversaire étant placé en fausse garde à droit sc servira de son bras gauclie pour porter le coi de poing en marchant il faudra jeter la jaml gauche en avant sur le côté gauche en portant si celte jambe le poids du corps avec confiance, pu frapper avec le bras droit au moment où il viej pour vous porter le coup. L'écart formant l’equer aura trompé le véritable but que se proposait vol adversaire qui, devant frapper en ligne directe, plein visage, aura manqué le corps, trompé par mouvement d'écart. .J Ce coup se fait également des deux bras l't versai re étant placé en fausse garde à gauche, on jettera de la jambe droite du côté droit, pour îfendre de la jambe gauche en équerre en portant ors le coup de poing du bras gauche. On se sert issi de ce coup lorsqu'un adversaire veut fondre r vous. Manière de porter le coup de pied bas étant en fausse garde à droite ou à gauche Étant en fausse garde à gauche ou à droite, le erps d'aplomb sur les deux jambes plovécs égalelent, il faudra, pour frapper ce coup de pied bas, étendre le jarret avec force on avant, la pointe du