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Frise chronologique des arts martiaux
Une seule ligne, 53 moments. Chaque date a été vérifiée dans au moins une source, citée en bas de page. Quand les historiens divergent, nous le disons. Touchez un art pour ouvrir sa page.
Antiquité
- v. 2000 av. J.-C.
Des lutteurs sur les murs de Beni Hassan
Dans les tombes du Moyen Empire à Beni Hassan (Égypte), des centaines de couples de lutteurs sont peints, geste après geste : saisies, projections, immobilisations. C’est l’un des plus anciens « manuels » d’un art de combat.
- v. 1600 av. J.-C.
Les « enfants boxeurs » d’Akrotiri
Une fresque de l’île de Théra (Santorin) montre deux garçons qui boxent, l’un portant un gant à une main. La ville, ensevelie par une éruption volcanique, a préservé la peinture.
- 708 av. J.-C.
La lutte entre aux Jeux olympiques
D’après les listes antiques, la lutte (palē) entre aux Jeux d’Olympie en 708 av. J.-C., dans le pentathlon et comme épreuve à part. Une chute comptait quand le dos, les épaules ou les hanches touchaient le sol ; trois chutes donnaient la victoire.
- 688 av. J.-C.
Le pugilat (pygmē) à Olympie
Le pugilat est ajouté en 688 av. J.-C. Les combattants enroulaient leurs mains de lanières de cuir (himantes) ; ni reprises ni catégories de poids, le combat cessait quand l’un abandonnait ou ne pouvait plus continuer.
- 648 av. J.-C.
Pancrace : « toutes les forces »
Le pancrace entre aux Jeux en 648 av. J.-C. : frappes, projections, étranglements et clés, seuls la morsure et les doigts dans les yeux étant interdits. C’est l’épreuve antique la plus souvent comparée au MMA.
- v. Ve s. av. J.-C.
L’Art de la guerre
Le livre attribué à Sun Tzu (Sunzi) est traditionnellement placé à la fin de la période des Printemps et Automnes ; date et auteur exacts sont débattus. Il devient le traité de stratégie le plus lu d’Asie orientale, puis du monde.
- 393 (date traditionnelle)
Fin des Jeux antiques
On place traditionnellement la fin des Jeux antiques sous l’empereur Théodose Ier, vers 393. Avec eux, le pancrace et le pugilat grec perdent leur grande scène pour des siècles.
- 495
Fondation du monastère Shaolin
L’empereur Xiaowen des Wei du Nord fonde le monastère Shaolin sur le mont Song en 495 pour le moine indien Batuo. L’idée que Bodhidharma aurait appris aux moines à combattre est bien plus tardive (voir les mythes, page Citations).
Moines, chevaliers et samouraïs (500–1499)
- 621
Les moines de Shaolin combattent pour les Tang
En 621, des moines de Shaolin aident Li Shimin, futur empereur Taizong, contre le chef de guerre Wang Shichong. Une stèle de 728 le rapporte : c’est la plus ancienne preuve solide de moines combattants à Shaolin.
- v. XIe–XIIe s. (estimation)
Le kalari au Kerala
Les historiens datent en général la consolidation du kalaripayattu, l’art de l’aire d’entraînement (kalari) du Kerala, vers cette période de guerres entre royaumes régionaux. Les origines bien plus anciennes relèvent de la tradition, pas des documents.
- 1185–1192
Les guerriers prennent le pouvoir au Japon
Après la guerre de Genpei (achevée en 1185), Minamoto no Yoritomo fonde le shogunat de Kamakura et devient shōgun en 1192. Pendant près de sept siècles, le Japon sera gouverné par la classe guerrière, les bushi.
- v. 1389 (date discutée)
Les vers de Liechtenauer mis par écrit
Le manuscrit Hs. 3227a de Nuremberg conserve les enseignements rimés du maître Johannes Liechtenauer, racine de la tradition allemande de l’épée longue. On le date souvent vers 1389, certains chercheurs le placent au XVe siècle.
- 1409
Fiore dei Liberi : La Fleur de la bataille
La copie Pisani Dossi du traité de Fiore porte la date de 1409. Fiore, originaire du Frioul, traite la lutte, la dague, l’épée à une et deux mains, le combat en armure, la lance et le combat à cheval.
- 1429
Unification du royaume des Ryūkyū
Shō Hashi unifie les trois royaumes d’Okinawa en 1429. Le commerce avec la Chine fait de Naha et Shuri des carrefours où la boxe chinoise rencontre la lutte locale : la graine du « te » d’Okinawa.
- 1443–1467
Les livres de combat de Hans Talhoffer
Talhoffer réalise plusieurs livres de combat illustrés (le plus ancien daté de 1443, d’autres de 1459 et 1467) : épée longue, dague, lutte et même duels judiciaires entre mari et femme.
Traités et écoles (1500–1799)
- 1543
Les armes à feu portugaises arrivent au Japon
Des marchands portugais débarquent à Tanegashima en 1543 et le seigneur local achète leurs arquebuses. En quelques décennies, les armes à feu changent les batailles japonaises, et l’art du sabre devient plus personnel et spirituel.
- 1570
Joachim Meyer imprime son traité
À Strasbourg, Meyer publie en 1570 un grand traité illustré d’épée longue, dussack, rapière, dague, bâton et hallebarde. On y voit la tradition allemande devenir le sport des écoles d’escrime.
- 1600–1603
Sekigahara et la paix d’Edo
Tokugawa Ieyasu l’emporte à Sekigahara (1600) et fonde le shogunat d’Edo (1603). Deux siècles et demi de paix suivent : les arts martiaux deviennent des écoles (ryū) avec lignées, diplômes et philosophie.
- 1609
Satsuma envahit Okinawa
Le domaine de Satsuma (sud du Japon) envahit le royaume des Ryūkyū en 1609 et le contrôle dès lors. Les restrictions d’armes de cette période font partie du récit classique du karaté et du kobudō, même si les détails sont souvent exagérés.
- 1632
Yagyū Munenori et Takuan
Yagyū Munenori, maître de sabre des shōguns, achève son Heihō kadensho en 1632. À la même époque, le moine zen Takuan lui adresse la lettre dite Fudōchi shinmyōroku, sur l’esprit qui ne s’arrête pas.
- 1643–1645
Musashi écrit le Traité des cinq roues
Miyamoto Musashi, à 60 ans, commence le Gorin no sho au 10e mois de 1643 sur le mont Iwato (Higo) ; le 12e jour du 5e mois de 1645, sept jours avant sa mort, le texte est remis à son élève Terao Magonojō.
- 1709–1716
Le Hagakure est dicté
Le samouraï retiré Yamamoto Tsunetomo dicte ses réflexions à Tashiro Tsuramoto entre 1709 et 1716. Pendant deux siècles, c’est un texte local peu connu du domaine de Saga ; il ne devient célèbre qu’au XXe siècle.
- v. 1719
James Figg, premier champion de boxe
James Figg tenait un amphithéâtre à Londres où il enseignait l’épée, le bâton et les poings ; on le tient traditionnellement pour le premier champion de boxe d’Angleterre, vers 1719.
- 1743
Les règles de Broughton
Le champion Jack Broughton publie en 1743 les premières règles écrites de la boxe : on ne frappe pas un homme à terre, et la reprise s’arrête quand un boxeur tombe. Il promeut aussi les « mufflers », ancêtres des gants, pour l’entraînement.
- fin du XVIIIe s.
La capoeira dans les registres de police
Des registres du Rio de Janeiro colonial mentionnent des personnes arrêtées pour « capoeira » à la fin du XVIIIe siècle. L’art grandit parmi les Africains réduits en esclavage et leurs descendants, mêlant combat, musique et jeu.
XIXe siècle : règles et réinvention
- 1867
Les règles de Queensberry
Rédigées par John Graham Chambers et publiées sous le nom du marquis de Queensberry en 1867 : gants, reprises de trois minutes, une minute de repos et compte de dix secondes. La boxe moderne commence ici.
- 1868–1876
Restauration Meiji et fin des samouraïs
La restauration de Meiji (1868) démantèle l’ordre des samouraïs ; en 1876, un édit interdit le port du sabre en public. Beaucoup d’écoles anciennes perdent leurs élèves, et les arts doivent se réinventer pour survivre.
- 1882
Kanō Jigorō fonde le Kōdōkan
En 1882, au temple Eishōji de Tokyo, Kanō ouvre le Kōdōkan avec une poignée d’élèves. Il garde les projections et contrôles du jūjutsu, retire de la pratique libre (randori) les techniques les plus dangereuses et nomme son système jūdō, « la voie de la souplesse ».
- 1890
Le Brésil criminalise la capoeira
Le premier Code pénal de la République (1890) fait de la capoeira de rue un délit. L’art survit en cachette, dans les rodas de Bahia, jusqu’à sa légalisation et son enseignement ouvert dans les années 1930.
- 1895
La Dai Nippon Butokukai
Fondée à Kyoto en 1895, la « Société de la vertu martiale du Grand Japon » unifie kendō, jūdō, kyūdō et d’autres arts, décerne des titres d’enseignant et, dans les décennies suivantes, se lie au nationalisme d’État.
- 1896
Lutte et escrime à Athènes
Aux premiers Jeux olympiques modernes, à Athènes en 1896, la lutte et l’escrime sont au programme. La boxe suit en 1904 (Saint-Louis).
1900–1945 : d’Okinawa et du Japon vers le monde
- 1901
Le karaté entre dans les écoles d’Okinawa
Itosu Ankō introduit le karaté dans les écoles d’Okinawa vers 1901 et crée les kata Pinan (Heian), plus simples, pour les enfants. Un art local et discret commence à devenir éducation physique.
- 1914
Mitsuyo Maeda arrive au Brésil
Le judoka du Kōdōkan Maeda, qui avait parcouru le monde en affrontant tous les challengers, arrive au Brésil en 1914 et s’installe à Belém. Parmi ses élèves, le jeune Carlos Gracie.
- 1922
Le karaté va à Tokyo
En 1922, Funakoshi Gichin fait une démonstration de karaté d’Okinawa lors d’une exposition d’éducation physique à Tokyo organisée par le ministère de l’Éducation. Il reste, enseigne dans les universités et ouvre la voie au karaté au Japon.
- 1925
La première académie Gracie
Les frères Gracie ouvrent leur académie à Rio de Janeiro en 1925. Hélio, le plus léger, adapte les techniques pour miser davantage sur le levier que sur la force.
- 1936
« Main vide » : le nom karaté
Le 25 octobre 1936, des maîtres d’Okinawa réunis à Naha décident d’écrire karaté 空手, « main vide », au lieu de 唐手, « main chinoise (Tang) ». La date est aujourd’hui la Journée du karaté.
- 1937
L’académie de Mestre Bimba reconnue
Manuel dos Reis Machado, Mestre Bimba, crée la « Luta Regional Baiana » (Capoeira Regional) et, en 1937, son école de Salvador est officiellement enregistrée. En 1941, Mestre Pastinha fonde son centre de Capoeira Angola.
- 1938
Le sambo reconnu ; mort de Kanō
Le 16 novembre 1938, le comité des sports de l’URSS reconnaît le sambo, bâti sur le judo, la lutte et des styles populaires. La même année, Kanō Jigorō meurt en mer (4 mai) au retour de la session du CIO au Caire.
- 1945–1950
Occupation : le budō suspect
Après 1945, les autorités d’occupation restreignent les arts martiaux dans les écoles japonaises et la Butokukai est dissoute (1946). Le karaté, présenté comme éducation physique, échappe au pire ; le kendō ne revient, sous forme sportive, qu’au début des années 1950.
1946–1999 : Jeux olympiques, cinéma et la cage
- 1949
Ip Man à Hong Kong
Ip Man quitte Foshan pour Hong Kong en 1949 et y enseigne le Wing Chun dès le début des années 1950. L’un de ses élèves sera un adolescent nommé Bruce Lee.
- 1951
Hélio Gracie contre Kimura
Le 23 octobre 1951, au Maracanã, Masahiko Kimura bat Hélio Gracie avec la clé d’épaule qui porte aujourd’hui son nom ; le coin d’Hélio jette l’éponge. Les deux camps racontent le combat comme une histoire d’honneur.
- 1955
Le nom taekwondo
En 1955, une commission en Corée du Sud adopte le nom « taekwondo », proposé par le général Choi Hong-hi, pour unir les kwan (écoles) fondés après 1945, souvent par des hommes ayant pratiqué le karaté au Japon.
- 1964
Le judo aux Jeux de Tokyo
Le judo entre aux Jeux olympiques à Tokyo en 1964. Le Japon gagne trois des quatre catégories, mais en toutes catégories le Néerlandais Anton Geesink bat Kaminaga Akio au Nippon Budōkan. Le judo cesse d’être seulement japonais.
- 1970
Premiers mondiaux de karaté et de kendo
En 1970, Tokyo accueille les premiers championnats du monde de karaté (WUKO) et de kendo, la Fédération internationale de kendo ayant été fondée la même année.
- 1971–1973
Bruce Lee change le cinéma
The Big Boss (1971), La Fureur de vaincre (1972) et La Fureur du dragon (1972) battent des records en Asie ; Opération Dragon, sorti en août 1973, quelques semaines après sa mort le 20 juillet, porte le kung-fu dans les cinémas du monde entier.
- 1973
Fédération mondiale de taekwondo
La Fédération mondiale de taekwondo (aujourd’hui World Taekwondo) est fondée à Séoul en mai 1973, le mois du premier championnat du monde. L’ITF de Choi Hong-hi suit une voie séparée.
- 1980
La PERSILAT unit le pencak silat
La fédération internationale de pencak silat, PERSILAT, est fondée à Jakarta en 1980 par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et Brunei, offrant un cadre sportif commun à des centaines de styles locaux.
- 1993
UFC 1 à Denver
Le 12 novembre 1993, à Denver, huit combattants de styles différents s’affrontent dans un octogone avec très peu de règles. Le frêle Royce Gracie gagne trois combats par soumission. La question « quel style fonctionne ? » change pour toujours.
XXIe siècle
- 2000
Le taekwondo devient olympique
Après avoir été sport de démonstration à Séoul en 1988 et à Barcelone en 1992, le taekwondo décerne ses premières médailles olympiques officielles à Sydney en 2000.
- 2001
Règles unifiées et UFC de Zuffa
En 2001, la commission athlétique du New Jersey adopte les règles unifiées du MMA (catégories, reprises, techniques interdites) et Zuffa rachète l’UFC. Les arts martiaux mixtes deviennent un sport encadré.
- 2005
The Ultimate Fighter
L’émission The Ultimate Fighter démarre en janvier 2005 ; sa première finale (Griffin contre Bonnar, avril 2005) est souvent citée comme le soir où le MMA a touché le grand public aux États-Unis.
- 2011–2019
Les arts martiaux, patrimoine mondial
L’UNESCO inscrit le taekkyon (2011), la roda de capoeira (2014), le ssireum (2018, première candidature commune des deux Corées) et les traditions du pencak silat (2019) au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
- 2021
La seule apparition olympique du karaté (pour l’instant)
Le karaté (kata et kumite) figure au programme de Tokyo 2020, disputé en 2021 à cause de la pandémie. Il n’est pas retenu pour Paris 2024.
Voir aussi la chronologie interactive par art →
Sources
- Beni Hasan — en.wikipedia.org
- Akrotiri Boxer Fresco — en.wikipedia.org
- Ancient Olympic Games — en.wikipedia.org
- Ancient Greek boxing — en.wikipedia.org
- Pankration — en.wikipedia.org
- The Art of War — en.wikipedia.org
- Shaolin Monastery — en.wikipedia.org
- Shaolin Monastery — history — en.wikipedia.org
- Kalaripayattu — en.wikipedia.org
- Kamakura shogunate — en.wikipedia.org
- Johannes Liechtenauer — Wiktenauer — wiktenauer.com
- Fiore de’i Liberi — Wiktenauer — wiktenauer.com
- Ryukyu Kingdom — en.wikipedia.org
- Hans Talhoffer — Wiktenauer — wiktenauer.com
- Tanegashima (Japanese matchlock) — en.wikipedia.org
- Joachim Meyer — Wiktenauer — wiktenauer.com
- Tokugawa shogunate — en.wikipedia.org
- Invasion of Ryukyu — en.wikipedia.org
- Yagyū Munenori — en.wikipedia.org
- The Book of Five Rings — en.wikipedia.org
- Hagakure — en.wikipedia.org
- James Figg — en.wikipedia.org
- Jack Broughton — en.wikipedia.org
- History of capoeira — en.wikipedia.org
- Marquess of Queensberry Rules — en.wikipedia.org
- Meiji Restoration — en.wikipedia.org
- Haitōrei Edict — en.wikipedia.org
- Kodokan Judo Institute — en.wikipedia.org
- Dai Nippon Butoku Kai — en.wikipedia.org
- 1896 Summer Olympics — en.wikipedia.org
- Ankō Itosu — en.wikipedia.org
- Mitsuyo Maeda — en.wikipedia.org
- Gichin Funakoshi — en.wikipedia.org
- Gracie family — en.wikipedia.org
- Karate — en.wikipedia.org
- Mestre Bimba — en.wikipedia.org
- Sambo — en.wikipedia.org
- Kanō Jigorō — en.wikipedia.org
- Ip Man — en.wikipedia.org
- Masahiko Kimura — en.wikipedia.org
- History of taekwondo — en.wikipedia.org
- Judo at the 1964 Summer Olympics — en.wikipedia.org
- World Karate Championships — en.wikipedia.org
- World Kendo Championships — en.wikipedia.org
- Bruce Lee — en.wikipedia.org
- Enter the Dragon — en.wikipedia.org
- World Taekwondo — en.wikipedia.org
- Pencak silat — en.wikipedia.org
- UFC 1 — en.wikipedia.org
- Taekwondo at the Summer Olympics — en.wikipedia.org
- Unified Rules of Mixed Martial Arts — en.wikipedia.org
- The Ultimate Fighter 1 Finale — en.wikipedia.org
- UNESCO — Capoeira circle — ich.unesco.org
- UNESCO — Traditions of Pencak Silat — ich.unesco.org
- Karate at the 2020 Summer Olympics — en.wikipedia.org
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WABUKAN 和武館, «Frise chronologique des arts martiaux», https://wabukan.com/fr/linha-do-tempo (consulté le 2026-10-30).